04/07/2026
Ça vous rappelle quelqu'un ?
"Chaque fois que Votre Majesté crée une fonction, Dieu crée un sot pour l'acheter."
Nous sommes en 1693 et la France est à genoux.
Le roi Louis XIV s'est ruiné dans des guerres interminables à travers toute l'Europe.
Les caisses du royaume sont d'un vide abyssal.
C'est là qu'entre en scène le cynique contrôleur général des Finances, Louis Phélypeaux de Pontchartrain.
Plutôt que de réduire le train de vie de la monarchie, il va orchestrer une arnaque institutionnelle de génie : la vente massive d'emplois publics.
L'idée est redoutable. L'État invente un métier administratif de toutes pièces et le vend aux enchères.
Un riche bourgeois fait un énorme chèque au Trésor royal pour acheter cette charge.
En échange, il obtient un prestige social, devient fonctionnaire à vie, et surtout, il encaisse un salaire régulier payé par l'impôt des citoyens.
Une fois nommé, ce fonctionnaire est totalement intouchable. Il est impossible de le licencier.
Au début, Pontchartrain vend des postes utiles, comme des charges de juges, de notaires ou de conseillers de ville.
Mais l'obsession de l'argent facile rend le pouvoir royal complètement fou.
Quand les emplois sérieux sont tous pourvus, le ministre invente des métiers grotesques pour continuer à lever du cash.
En 1706, un décret royal crée ainsi le poste très officiel d'inspecteur contrôleur des perruques.
Dans la foulée, le roi met en vente des charges d'inspecteur des porcs rôtis, de jaugeur de tonneaux ou encore d'essayeur de beurre frais.
L'escroquerie à court terme est parfaite.
Louis XIV encaisse des millions en liquide pour financer ses armées et ses palais.
Mais le désastre économique à long terme est colossal.
Pour éponger sa dette immédiate, l'État a condamné le peuple à entretenir éternellement des milliers de bureaucrates qui ne produisent absolument rien.
Cette armée de parasites administratifs, protégée par la loi, va saigner l'économie française et paralyser le pays jusqu'à ce que le système explose en 1789.
La leçon de l'histoire est intemporelle.
Face à la faillite, un État refuse toujours de maigrir.
Il préfère inventer des postes absurdes, encaisser l'argent tout de suite, et laisser les générations futures payer la facture de son incompétence.