27/01/2026
Nous avons pris un peu de temps Ă vous Ă©crire pour vous expliquer mais vous devez savoirâŠ
Nous aurions voulu nous enraciner ici.
Nous y avons cru, sincĂšrement.
Nous avons travaillé, nous avons tous fait pour nous adapter, nous avons accepté beaucoup, pour respecter ce village et trouver notre place.
Mais nous nâĂ©tions pas « des enfants du pays ».
Et cette simple réalité a suffi à nous faire comprendre que, malgré tous nos efforts, nous ne serions jamais vraiment les bienvenus.
Nous partons parce que tout nous y a poussés.
Et ce qui fait le plus mal, câest que la mairie nâa rien fait pour nous retenir, ni mĂȘme pour nous soutenir.
Elle nous demande â en plus des 40 000 ⏠dĂ©jĂ exigĂ©s â encore 20 000 ⏠supplĂ©mentaires.
Comme si leur vision dâune « bonne saison » suffisait Ă justifier lâinjustifiable
Comme si nous nâĂ©tions quâun dossier de plus, pas des personnes qui se battent pour vivre de leur travail.
Ajoutez un loyer de 1 500 ⏠encaissĂ© chaque mois par le mĂȘme crĂ©ancier,
un bùtiment mal optimisé, qui consomme plus de 5 tonnes de granulés par an,
et la baisse de frĂ©quentation qui touche toute la professionâŠ
Le Bella Vista nâavait aucune chance de survivre ainsi.
Nous ne nous Ă©talerons pas sur les Ă©vĂšnements qui nous poussent Ă partir. Nous ne vous raconterons pas les clous derriĂšre les pneus, les insultes Ă©crites dans la poussiĂšre du pare-brise, les rĂ©flexions humiliantes, le reproche absurde dâune biĂšre pas mise Ă 2 âŹ, les paroles blessantes entendues de la bouche mĂȘme de la fille de Madame le Maire, les commĂ©rages qui circulent jusquâĂ nous, les gestes de mauvaise volontĂ© destinĂ©s Ă nous compliquer la vie, les intrusions, les regards lourds, les menaces, les esclandres.
Et tout cela, sous les yeux de ceux qui devraient garantir la sécurité et la justice.
Car oui, selon lâarticle 16 (1°) du Code de procĂ©dure pĂ©nale, le maire et ses adjoints sont officiers de police judiciaire.
Mais pas une réaction.
Pas un mot.
Pas un soutien.
Rien.
Seulement le silence.
Un silence qui fait plus mal que tout le reste.
Nous avons fini par comprendre que dans les trĂšs petits villages, certains se croient au-dessus des lois, de la biensĂ©ance, et parfois mĂȘme au-dessus de la RĂ©publique elle mĂȘme.
Ici, lâautoritĂ© semble sâexercer en fonction des amitiĂ©s et des ascendances, jamais selon lâĂ©quitĂ©.
Ceux qui essaient dâapporter quelque chose, dâamĂ©liorer lâĂ©conomie, dâouvrir le village, ne sont pas entendus.
Ils sont observés, jugés, et souvent rejetés.
MĂȘme la sĂ©paration entre lâĂglise et lâĂtat semble ignorĂ©e, Ă©touffĂ©e sous des discours politiques prononcĂ©s en pleine fĂȘte patronale.
Et entendre Madame le Maire dire publiquement :
« Ici, on est bien. On est entre nous. »
CâĂ©tait finir de comprendre que nous ne faisions pas partie du « nous ».
Et pourtant⊠nous avons essayé.
Nous avons vraiment essayé.
Mais nous ne pouvons plus continuer dans un lieu qui nous fait du mal.
Un lieu oĂč la loi ne nous protĂšge pas tous de la mĂȘme façon,
oĂč lâon tolĂšre lâinjustice parce quâelle vient « dâici »,
et oĂč lâon ferme les yeux sur ce qui devrait ĂȘtre dĂ©noncĂ©.
Nous tenions à remercier tous ceux qui ont été là , vraiment.
Amis, clients, confrĂšres artisans, Gault et Millau, College Culinaire de FranceâŠmerci pour votre soutien, pour avoir partagĂ© notre table et notre univers.
Merci dâavoir contribuĂ© Ă ce que NOTRE Bella Vista existe, et pour tous les moments que nous y avons vĂ©cus.
Nous souhaitons le meilleur Ă ce bĂątiment, qui, lui, a une grande Ăąme et continuera, nous lâespĂ©rons, Ă accueillir des histoires et des vies comme il lâa fait pour nous.
Nous vous quittons avec de la peine, de la fatigue, et cette tristesse profonde de nâavoir jamais Ă©tĂ© regardĂ©s, par nos quelques 150 voisins, comme des gens qui voulaient juste travailler, vivre, et contribuer.
Mais nous finirons par dire :
Venanson, tendre Ă nos cĆurs,
Ma jolie Vesubie,
Le monde ne sâarrĂȘte pas Ă tes frontiĂšres
La vie continue ailleurs,
Plus juste,
Plus ouverte,
Plus humaine..
Myriam et Thibaut đž
CollĂšge Culinaire de France
TF1 (sos village de France)
Ville de Nice