23/05/2026
Vous goûtez un vin normalement “tranquille”.
(C’est-à-dire : un vin qui n’est pas censé être effervescent).
Et pourtant…
Vous sentez une légère sensation de bulles en bouche.
Pas une vraie effervescence comme dans un Champagne ou un Crémant.
Plutôt un petit picotement. Une impression de fraîcheur. Une sensation presque perlante.
Alors : est-ce normal ? Ou est-ce un défaut ?
En réalité, cette sensation vient souvent d’une petite quantité de CO₂ encore présente dans le vin.
Et ce CO₂ ne se perçoit pas toujours de la même manière.
Quand il y en a beaucoup, on le voit dans le verre.
Mais quand il y en a très peu, c’est souvent la bouche qui le détecte en premier.
Vous ne voyez pas forcément de bulles, mais vous ressentez une fraîcheur plus vive, une impression de vin plus nerveux.
Et ce n’est pas forcément un problème.
Dans certains cas, ce CO₂ est même recherché.
Pourquoi ?
D’abord, il peut apporter de la fraîcheur.
Le CO₂ crée un léger picotement en bouche, et au contact de la salive (plus précisément grâce à l'action d'une enzyme salivaire : l'anhydrase carbonique), il peut former de l’acide carbonique. Résultat : le vin paraît plus vif car il est EST plus vif.
Ensuite, il peut aider les arômes à se diffuser.
Je parle parfois d’un “ascenseur à arômes” (pour reprendre les mots de Liger-Belair) : les petites bulles entraînent certains composés aromatiques vers la surface du verre, puis les libèrent.
Enfin, il peut protéger le vin.
Il limite le contact avec l’oxygène et peut freiner certains développements microbiens.
C’est pour cela qu’on retrouve parfois cette sensation dans des vins nature, bio ou peu sulfités.
Mais attention : parfois, cette petite effervescence peut aussi révéler un défaut.
Par exemple une refermentation non maîtrisée en bouteille, ou une activité bactérienne.
Alors comment faire la différence ?
C’est assez simple : goûtez le vin.
Si cette sensation apporte de la fraîcheur, de l’énergie, et que le vin reste agréable, ce n’est pas inquiétant.
Si au contraire elle s’accompagne d’aigreur, d’arômes louches ou d’une sensation désagréable, là, il faut plutôt penser à une altération.
Donc la prochaine fois que vous sentez de légères bulles dans un vin tranquille, ne concluez pas trop vite.
Posez-vous simplement cette question :
Est-ce que cela apporte de la fraîcheur ?
Ou est-ce que cela accompagne une sensation désagréable ?
C’est souvent là que se trouve la réponse.
👉 Et vous, vous avez déjà senti cette pointe de Co2 dans un vin tranquille ?
RV sur lecoam.eu