19/01/2021
Des gens bien il y en a aussi dans le Lot. J’entends parler d’une femme qui fait de la bière ! J’ignorais que c’était possible dans cette région. Voici donc Florence Weiler dans sa fabrique de La Capelle-Marival, « La brasserie du Matou ». Autodidacte, elle a commencé seule dans un hangar, facile à dire mais pas évident d’aborder un métier en France où il est surtout bien vu de rester à sa place d’épouse avec éducation d’enfant et foyer bien tenu. (Non non, l’émancipation d’une femme n’a toujours rien à voir avec une promenade en gondole.) Après avoir appris le savoir-faire d’un métier vient le temps du « faire-savoir » et là, entre l’imbroglio de l’administration et la force d’inertie des « gens du métier » il faut drôlement s’accrocher pour ne pas être réduite à un joli sourire. Maintenant elle gère tout, de la qualité du produit au design des étiquettes et elle a d’autres projets. Dieu merci elle n’est pas seule : « Mon fils est mon meilleur ami ! » dit-elle.
Voici donc Karl Weiler, 17 ans. Son but est de devenir acteur, il suit des cours de théâtre, il a fait des apparitions dans des films et il cherche un agent. Chez lui aucune prétention et il sait ce qu’il veut. « J’ai besoin d’un book, me dit-il, vous voulez bien me photographier ? » Soyons clair le Corona-truc m’ayant réduit à l’état de confiné professionnel, l’idée de prendre l’air tombe bien. Un book, ce n’est pas mon rayon, mais après tout quelle différence avec ce que je faisais il y a soixante ans avec les jeunes chanteurs ? Je ne les connaissais pas, ils avaient le même âge, je les emmenais dans les rues et le tour était joué. À ma grande surprise, j’ai vraiment pris du plaisir à passer une matinée à photographier ce jeune homme dans les mêmes conditions qu’en 1962 avec Sylvie, Françoise ou McCartney etc… Ça n’avait rien à voir avec un shooting d’aujourd’hui. Pas de maquillage, aucunes contraintes quelconques, juste deux types qui se baladent dans une ville. J’espère que mes photos l’aideront, sa mère m’a dit qu’il avait de la chance. Tant mieux, la chance ça fait partie du talent !
PS : Adieu Bacri. Il lui suffisait d’arriver sur l’écran et j’étais en larmes…
Jean-marie Périer