Bar Le Coquillage

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30/05/2026

« La vie n'est supportable que si l'on y introduit non pas de l'utopie mais de la poésie, c'est à dire de l'intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l'amour. »
Edgar Morin, 1921-2026 - Vers l'abîme -
Bon voyage à vous Monsieur Morin

09/05/2026

Les comptoirs des cafés et bistrots sont véritablement le parlement du peuple . Honoré de Balzac.

24/04/2026

Par solidarité avec le monde du travail le coquillage débutera sa saison estivale le vendredi premier mai a 14h.
Le bar sera ouvert tout les jours sauf le mercredi.
De 14h au coucher du soleil sauf
Les mardi et jeudi ou il fermera a18h. 🙃🤘

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14/02/2026

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Interdiction de chanter « Les Mains d’or » dans l’Allier

Quand l’école confond laïcité et silence social, Bernard Lavilliers promet de venir soutenir les ouvriers

À Commentry, dans l’Allier, des écoliers se sont vu interdire d’interpréter Les Mains d’or, la chanson de Bernard Lavilliers, en soutien aux salariés de l’usine Erasteel, menacée de fermeture. Motif invoqué : la laïcité et le refus de tout « prosélytisme ». Face à l’émotion suscitée, l’Éducation nationale a nuancé sa position. Mais le malaise demeure. Et l’artiste, lui, promet : « Je vais tout faire pour venir les soutenir. »

Une chanson ouvrière transformée en affaire d’État locale

L’histoire aurait pu rester belle. Des enfants. Une chorale. Une chanson populaire transmise de génération en génération. Et, en toile de fond, une usine menacée, des salariés qui s’accrochent à leur outil de travail, à leur dignité.

À Commentry, des élèves de primaire devaient interpréter Les Mains d’or pour témoigner leur soutien aux salariés de l’aciérie Erasteel, promise à la fermeture. Une chanson qui parle de l’acier, du travail en 3-8, de la fierté ouvrière. Rien d’un tract clandestin. Rien d’un manifeste incendiaire.

Et pourtant.

L’académie de Montluçon a invoqué la laïcité et le risque de « prosélytisme » pour s’opposer à l’initiative. Le mot est lourd. Presque absurde dans ce contexte. Prosélytisme… pour une chanson qui rend hommage aux ouvriers ?

Devant l’émotion suscitée, l’institution a dû nuancer sa position. Mais le trouble est là : depuis quand une chanson sur la dignité du travail devient-elle suspecte dans l’école publique ?

Bernard Lavilliers : « De quoi ont-ils eu peur ? »

Interrogé, Bernard Lavilliers ne cache pas sa surprise :

« J’ai été très surpris, à travers cette chanson, d’être traité de prosélyte. On a réagi très vite en demandant à l’Éducation nationale ce que ça signifiait exactement. De quoi ont-ils eu peur ? Qu’il y ait tout à coup une révolution dans l’Allier ? »

La formule claque. Elle dit l’incompréhension.

Car Les Mains d’or n’est pas un brûlot. C’est une chanson sensible sur une réalité sensible : le licenciement, la perte de sens, l’effacement social. Elle parle d’hommes et de femmes qui refusent de devenir invisibles.

« Ce n’est quand même pas un brûlot révolutionnaire ! »

Lavilliers rappelle qu’il connaît le monde qu’il chante. Il n’en parle pas en touriste.

Il a travaillé dans l’acier. Il a vu les licenciements dans la vallée de la Fensch, en Moselle, chez ArcelorMittal, autrefois les de Wendel, les “princes de l’acier”. Il a chanté dans les cours d’usine, au milieu des équipes en 3-8, dans le bruit, la fatigue et la solidarité.

« Je connais vraiment les 3-8, le métier, et ce que ça représente. Et l’honneur aussi de ces ouvriers-là. Les Mains d’or, c’était une façon de les honorer. »

Une chanson devenue hymne populaire

Comment expliquer la longévité de ce titre ?

Lavilliers répond simplement : ce sont les professeurs, les chorales, les amateurs qui l’ont fait vivre.

Dans des villes comme Troyes ou en Lorraine, des chœurs de 800 à 1 000 personnes répètent pendant un an pour interpréter ces chants. Des salariés, des retraités, des passionnés qui travaillent la journée et répètent le soir.

Les Mains d’or est devenue une chanson de chorale. Une chanson populaire au sens noble : partagée, retravaillée, adaptée.

« Il y a eu plein de textes improvisés par des ouvriers sur cette mélodie de Pascal Arroyo, mon bassiste. C’est une chanson vraiment vivante, plastique. »

Elle a muté, évolué, porté d’autres colères, d’autres espoirs. Elle appartient désormais à ceux qui la chantent.

Et c’est peut-être cela qui dérange : une œuvre qui échappe au contrôle, qui circule dans les ateliers, dans les écoles, dans les manifestations culturelles.

Erasteel, Lip, Florange : l’histoire se répète

À Commentry, les syndicats ont monté seuls un projet de reprise de l’activité. « Travailler encore. » Continuer. Refuser la fatalité.

Lavilliers y voit un écho à d’autres luttes industrielles :

- Les ouvriers de Lip.

- Ceux de Florange.

- Les aciéries de Lorraine ignorées par Mittal.

Dans le refrain de Les Mains d’or, il est question de ne pas finir anonyme au chômage, de ne pas glisser lentement vers la dépression. Ce n’est pas un slogan. C’est une réalité sociale.

La chanson est devenue, au fil du temps, un hymne de lutte. Les Lorrains en ont même fait des versions plus cocasses, plus locales. Une musique qui accompagne les combats sans les récupérer.

La laïcité malmenée ?

Le cœur du malaise est là.

La laïcité est un principe de liberté et de neutralité religieuse de l’État. Elle garantit la liberté de conscience. Elle protège l’école de toute pression confessionnelle.

Mais une chanson sur la dignité ouvrière relève-t-elle d’un dogme religieux ? D’une tentative d’embrigadement ?

Confondre engagement social et prosélytisme, c’est glisser vers une école aseptisée, où l’on pourrait parler de mythologie antique mais pas de réalité industrielle locale.

Or l’école publique a aussi vocation à transmettre une culture populaire, à relier les enfants à leur territoire, à leur histoire sociale.

À Commentry, les enfants ne réclamaient pas une révolution. Ils voulaient chanter.

« Je vais tout faire pour venir les soutenir »

Face à la situation, Lavilliers adresse un message clair aux salariés :

« Je leur dirais de tenir le coup. C’est le message que j’envoie dans ma chanson. »

Il souligne qu’ils restent « élégants », qu’ils n’occupent pas l’usine pour l’instant.

Et il promet :

« Je vais tout faire pour venir les soutenir le 28 mars, comme je l’ai souvent fait chez les Lorrains et dans beaucoup d’usines occupées. »

Ce n’est pas une posture médiatique. C’est une continuité. Depuis des décennies, l’artiste accompagne les luttes sociales, sur scène et sur le terrain.

La culture n’est pas une marchandise

Dans un contexte où les politiques culturelles sont fragilisées, où le service public est souvent réduit à une variable budgétaire, cette affaire révèle quelque chose de plus profond.

La culture populaire dérange lorsqu’elle rappelle que le travail n’est pas qu’une statistique, que les licenciements ne sont pas des lignes comptables.

Une chanson peut être un espace d’émancipation. Un lieu de mémoire. Une manière de dire : « Nous existons. »

Empêcher des enfants de chanter une chanson ouvrière, c’est envoyer un signal inquiétant : celui d’une société qui préfère le silence aux solidarités.

À Commentry, la polémique dépasse largement une simple interprétation scolaire. Elle pose une question politique essentielle : quelle place accorde-t-on encore à la mémoire ouvrière, à la culture populaire et à la dignité du travail dans l’espace public ?

Et parfois, la réponse tient en quelques mots simples :

Tenir le coup.

Sources : L’Humanité, La Montagne

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