01/02/2016
Tirer les rideaux, une dernière fois et fermer à clé... Une page est tournée... Tant de choses à dire sur une belle aventure humaine et professionnelle, tant de visages croisés,de sourires, de "bonjour merci et au revoir"... Des ventres ronds des jeunes mamans, des bambins devenus gamins et j'en passe...
Un jour un client m'a laissé ce poème sur une table, il ne l'a pas signé et je ne pense pas qu'il m'en voudra de vous le partager aujourd'hui.
Merci à vous amis et clients fidèles
A bientôt
Leslie
Le Kiosque
"Le Kiosque a trouvé sa place sur un carrefour. Carrefour comme il y en a tant me direz vous, où se croisent des hasards, des destins communs où tous comme un vont et viennent comme on va quelque part.
Des livres, des cahiers sous le bras, des sacs, à la main ou en bandoulière, Attachés cases, tête basse, dans les nuages, sourires aux lèvres, aux poches, tristes et enjoués. Une clope s'allume quand une autre s'éteint. Tous ces gens, vacant à leurs occupations, futiles ou exigées par le quotidien, entrent dans la danse et offrent à ceux qui, comme moi, caché au premier rang derrière un rideau vert anis ou prune, à l'une des places les plus convoitées du lieu, un spectacle qui ne souffre d'aucune lassitude et se répète invariablement dans une atmosphère rendue simple et conviviale par la patronne des lieux, le seul droit d'entrée se limitant à un simple "bonjour".
Car plus calme qu'une terrasse surpeuplée en plein mois d'été ou qu'un bistrot parisien moyen, on peut y écouter la musique loin du brouhaha ambiant parfois si nocif, et se laisser porter par son imagination, savourant cafés et délicatesses qu'un héritage gourmet a déposé là. A l'éveil des sens de se poursuivre par la dégustation d'un véritable chocolat ou d'un thé , invitation au voyage au bon goût d'Orient.
Les yeux eux sont occupés à suivre les voitures et les badauds. Et les pigeons.
Des plantes hauts perchées dans leur pot à talon rabaissent leur dentelle et font la nique aux courants d'airs qui pourraient les enrhumer. La mode a un prix.
Des messieurs arrangent leur cravate quand d'autres réajustent leur mèche.
Les plus jeunes ont presque le jean aux chevilles, se voilent le regard d'une frange hirsute sous couvert d'une négligence savamment orchestrée.
Des collégiennes chiquent sans chic et se remaquillent façon magazines. Des femmes passent avec leurs gamins.
Car il faut le rappeler, sur ce carrefour comme il y en a tant, vous pouvez le temps d'un instant, passer du côté rue où tous déambulent au Central Park aurillacois, le square. Les arbres s'étendent à l'horizontale dans un voile noir, s'en vont protéger les bancs et leurs occupants d'un temps, avant d'être aspirés par le sol. Chacun y trouve son compte. Ceux qui veulent se reposer, ceux qui veulent déguster. Ceux qui veulent réfléchir, ceux qui veulent ne plus penser.
Çà et là sont échangées des poignées de mains, d'autres ignorées, des accolades, des bises, des verres remplis de plaisirs partagés se vident autour d'anecdotes, alors qu'imperceptiblement, lentement, le temps passe comme tombe le soleil sur la place, entraînant avec lui les gens présents il y a peu sur la terrasse, au milieu de ce carrefour comme il y en a tant. La raison d'être de tout ce mobilier s'en est allée.
Les tables ne sont plus, les chaises sont pliées, la machine à café éteinte.
La porte fermée, la clé tournée.
Jusqu'à demain."