15/06/2026
📢 𝗖𝗢𝗠𝗠𝗨𝗡𝗜𝗤𝗨𝗘 𝗘𝗫𝗖𝗟𝗨𝗦𝗜𝗙 | 𝗔𝘇𝘄𝗮𝘄 𝗲𝘁 𝗔 𝗩𝗮𝘃𝗮 𝗜𝗻𝗼𝘂 𝗩𝗮 : 𝗹𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘃𝗲𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 de Ben Mohamed 𝗾𝘂𝗶 𝗺𝗲𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗳𝗶𝗻 𝗮 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼𝘃𝗲𝗿𝘀𝗲.
A propos de « Azwaw » et « Baba inu ba »
Suite à l’évocation des droits liés aux deux chansons évoquées par certains intervenants mal
intentionnés ou non, qui reprennent des propos de bar non vérifiés, je me fais le plaisir d’apporter les
éclairages nécessaires liés à ces deux œuvres.
En premier lieu, je m’adresse spécialement à Abder HALIT dont on m’a transmis le post FB où il m’invite
à restituer les droits de cette chanson à la regrettée CHERIFA et surtout de ne pas dire qu’elle
appartient au patrimoine kabyle.
Je suis désolé de lui rappeler que jusqu’aux années 70, la majorité des anciens chanteurs y compris
CHERIFA, ont puisé plus ou moins dans ce patrimoine tout en se déclarant auteurs et compositeurs de
leurs reprises. Même les poèmes de Si Mohand Ou Mhand, bien retenus par la mémoire collective, ont
été ainsi repris.
Cette chanson n’était peut-être pas connue dans ton village mais elle l’était dans beaucoup d’autres.
Elle était connue avec une grande variété de couplets adaptés chaque fois à la circonstance pour
laquelle elle était reprise.
Par ailleurs, j’ai été sur le répertoire de la SACEM où j’ai cherché ce titre avec la transcription de
l’époque, « Azouaou » ou « Ayazouaou », le nom de la regrettée Chérifa n’apparaît nulle part.
Hors, si elle l’avait déclarée à la SACEM, notre déclaration aurait été rejetée et la mention de « domaine
public », n’aurait pas été portée sur le document de la SACEM.
En ce qui concerne, le texte proprement dit, si ce Monsieur Halit savait écouter et comprendre, il aurait
fait la distinction entre le contenu du premier couplet qui vient effectivement du patrimoine et les
autres que j’ai écrit à Carpentras. En l’écrivant à l’époque, mon idée était justement d’attirer l’attention
sur ces textes traditionnels chantés dans les fêtes où on entend plus de règlements de comptes et de
critiques telles celles reprises dans le premier couplet. Pour ma part, j’ai plutôt essayé de mettre en
valeur quelques qualités individuelles de villageois les faisant apprécier de tous.
Cependant, lorsque le regretté IDIR a enregistré son premier album, intitulé « A vava inou va », sur
lequel figure cette chanson, je n’étais pas à Paris. C’est IDIR qui est allé sans moi, déposer à la SACEM,
les déclarations des autres titres de l’album. Seuls les deux titres du premier disque 45 tours (A vava
inou va et Tamacahut n’ tsekourt), ont été déclarés en ma présence.
Le contenu de toutes ses déclarations (auteurs, compositeurs, adaptations, éditeurs), figure
fidèlement dans le recto de l’album en question, y compris Azwaw dont il est bien mentionné que c’est
une adaptation du patrimoine. Ci-après, le scan du recto de l’album en question.
Concernant précisément Abder HALIT, ce donneur de leçons de moralité, je témoigne aujourd’hui que
la chanteuse NOUARA, lors de son dernier spectacle à Paris sous sa direction, m’a demandé quelques
mois après, d’intervenir auprès de lui, pour payer le cachet de cette prestation. Quand j’ai transmis la
requête de NOUARA à Abder HALIT, il m’a répondu qu’il était en train de réunir la somme due pour la
lui envoyer. Ce qui signifie tout de même qu’il avait dépensé indûment les sommes dues à NOUARA.
Pour savoir s’il s’était acquitté de sa dette, j’ai essayé de joindre NOUARA à Alger. Malheureusement
je n’ai pas pu l’obtenir au téléphone. Donc, je ne sais toujours pas s’il s’est libéré ou non de cette
créance.
En tout état de cause, la prestation devait être payée à NOUARA, juste après le spectacle et du montant
forfaitaire fixé avant qu’elle ne vienne à Paris.
A mon tour donc de dire à Abder HALIT, de grâce, ne me dis pas qu’il fallait associer Nouara à un
pseudo déficit sur une salle pleine.
S’agissant de Vava inu va, je tiens à préciser qu’à l’époque, ni moi, ni le regretté IDIR, n’avions une idée
précise des règles de déclaration des Droits d’auteur, nous nous sommes donc présentés à l’ONDA
avec le disque 45 tours, édité par la maison OASIS à Alger. J’ai précisé d’emblée que le refrain était tiré
du conte A vava inu va, mais que les deux couplets étaient de moi. Après quoi, il m’a été demandé de
répondre à ces deux questions :
- Le titre de ce conte, a t-il été déposé par quelqu’un d’autre ?
J’ai répondu qu’à ma connaissance, non.
- Le refrain et les couplets traitent-ils du même sujet ?
Non, puisque les couplets font plutôt revivre nos soirées familiales d’antan et le refrain n’est
qu’une illustration de tout ce qui se transmettait autour du Kanoun.
A vava inu va a été ainsi acceptée à nos deux noms par l’ONDA et ensuite par la SACEM.
En conclusion, je tiens quand même à remercier les intervenants qui m’ont offert l’occasion de
soulever ces problèmes de droit, régissant la propriété intellectuelle en général.
Ben Mohamed