La Soif du Gout

La Soif du Gout Restaurant Lounge
(1)

Venez vivre la pâque au restaurant lounge la soif du goût
13/04/2025

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Le Silence des Victimes
Partie 2 : Fuir ou Mourir

Le mariage approche. Chaque jour, Sebe s’éteint un peu plus. Ses yeux sont bouffis, son corps entier englouti par une souffrance muette. Mais mon père ne voit rien. Ou plutôt, il s’en fout. Comme toujours.

Je n’en peux plus. Ce matin, alors que ma mère puisait de l’eau au puits, je l’ai confrontée.

- Pourquoi vous ne faites rien, mère ? Pourquoi vous vous laissez écraser ?

Elle suspend son geste, me fixe en silence.

- Votre obéissance aveugle nous tue ! insistai-je. Regardez Habi… elle n’a plus de larmes. Elle les a toutes versées en cachette derrière la cour. Aujourd’hui, c’est Sebe… et demain ? Moi ?

Elle soupire avant de répondre, la voix tremblante :

- Écoute, Adama… Ce que tu dis n’est peut-être pas faux. Mais tu dois savoir que chez nous, la prière de chaque père, c’est l’obéissance de sa famille. Celle de chaque mère, la quiétude de son foyer. Ce sont ces deux piliers qui assurent l’honneur et la dignité d’une maison…

- Donc seul votre honneur compte ? Je la coupe, furieux. Votre réputation ? Même au prix de vos propres enfants ? Quelle tradition défendez-vous, mère ? Celle qui unit… ou celle qui brise des cœurs et creuse des tombes ?

Elle me regarde, lèvres tremblantes, yeux noyés de tristesse. Encore des larmes…

- Ne dis pas ça, Adama… Tu crois que je ne souffre pas autant que vous ? Que je n’ai pas mal à en mourir ? Mais que puis-je faire… face à une tradition qui donne tant de pouvoir aux hommes que les femmes n’ont d’autre arme que leurs larmes ?

Ses mots semblent justes, mais cette fois, je refuse de me taire. Quitte à offenser Dieu pour avoir haussé la voix sur une vieille mère.

- Non, mère... non ! Le vrai problème, ce sont nos pères, ces faux gardiens qui imposent leur autorité sans jamais écouter. Mais aussi le silence des VICTIMES… comme vous, qui n’osez jamais vous révolter !

Elle ouvre la bouche, puis la referme. Comme si elle voulait me dire quelque chose… mais aucun mot ne sort.

- Adama… tu comprendras un jour, murmure-t-elle avant de replonger son seau dans le puits.
---

La nuit est tombée depuis des heures. Le village dort. Sebe aussi… ou du moins, elle essaie. Son mariage est dans deux jours.

Mon cœur tambourine. Mon esprit est en ébullition. L’air dans la case est lourd, irrespirable. Je suffoque…

Alors je sors, pieds nus. La terre est froide sous mes pas lents. Le silence de la nuit pèse plus lourd que mes pensées.

C’est alors que je la vois. Une silhouette dans l’ombre des cases. Une forme familière, recroquevillée sur elle-même, un baluchon à la main... Sebe.

Elle avance vite, mais ses pas hésitent. Mon cœur se serre. Je m’approche sans bruit.

- Sebe… où vas-tu ?

Ma voix est basse, mais suffisante pour la faire sursauter. Son baluchon lui échappe des mains. Nos regards se croisent. Sous la lueur de la lune, je distingue ses yeux rougis par les larmes. Pauvre petite sœur… Elle a encore pleuré cette nuit.

- Tu comptes fuir ?

Elle hoche la tête, silencieuse. Puis, soudain, ses larmes coulent à nouveau. Mais cette fois, elle ne les essuie pas. À quoi bon ?

- Je ne peux pas rester ici… murmure-t-elle d’une voix brisée. Je préfère affronter le monde seule que de me livrer à ce vieux. Je ne… Je ne peux pas.

Ses mots me transpercent. Je la saisis doucement par les épaules, plonge mon regard dans le sien.

- Où comptes-tu aller ? Personne ne t’accueillera…

Elle baisse les yeux, perdue. Son regard erre dans la cour vide, comme si elle y cherche une réponse.

- Je ne sais pas… Mais je sais que je dois partir. Si je reste, je mourrai.

Un poids énorme m’écrase la poitrine. Comment en sommes-nous arrivés là ? Sebe, d’ordinaire si vive, si courageuse, réduite à fuir pour sauver sa peau… Contre notre propre père ?

Je l’attire contre moi, caresse ses cheveux. Elle lâche un soupir chaud, mais fragile. Son cœur bat vite… au secours.

- Sebe… tu n’es pas seule. Je suis là. Ton grand frère est là…

Elle secoue la tête, désespérée.

- Non, Adama. Toi aussi, tu n’as pas de voix ici. Père décide de tout. Il nous écrase tous. Même maman ne peut rien dire.

Je reste muet, les poings serrés. Ses paroles sont vraies. Père règne en maître, impose ses lois sans jamais nous laisser le choix. Mais à cet instant précis, une flamme s’allume en moi. Une révolte que je n’avais jamais ressentie aussi intensément.

- Si tu pars, ils te traqueront. Ils diront que tu as déshonoré la famille.

Elle relève la tête, le regard plein de défi. Là, je le sens... Plus rien ne l’arrêtera. Ni mes paroles, ni la peur des serpents tapis dans l’ombre. Elle est prête.

- Alors laisse-les me traquer. Je ne suis pas un objet qu’on vend au plus offrant. J’ai le droit de vivre ma vie ! Un mariage, oui… mais pas avec ce vieux barbu.

Je la regarde, cherchant les mots justes. Puis, je prends une décision.

- Je vais t’aider à partir. Mais à une condition…

Elle fronce les sourcils, figée.

- Laquelle ?

Je prends une grande inspiration.

- Que tu vives. Que tu deviennes la femme que tu as toujours voulu être : médecin, libre, heureuse. Fais-le pour toi, pour maman… pour toutes les Sebe qu’on veut briser.

Ses yeux brillent. Elle hoche la tête. Elle aurait souri… mais ce n’est pas le moment.

- Merci… Merci mon frère.
---

Nous avons marché ensemble toute la nuit, en silence. Sebe est loin du village maintenant, loin de Père... loin de sa cage.

Elle est arrivée chez tante Sebe, la sœur de ma mère. Une femme forte et courageuse, la seule qui a toujours soutenu notre famille quand tout sombrait.

Sebe se cache dorénavant là, dans l'ombre d'une tante portant son prénom, une dernière chance de liberté.

Je suis retourné seul, le cœur lourd, mais une détermination nouvelle dans le regard : le silence doit cesser.
---

Dix heures. Le village est réveillé, mais une ombre plane encore dans l’air. La case de Sebe est vide. Mon père n’a rien remarqué. Pas encore. Mais moi, je sens le danger approcher. Tôt ou t**d, il explosera. Je l’ai vu dans ses yeux. Je l’ai senti dans l’air. Ce n’est qu’une question de temps…

À suivre…

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© 2025, Boubacar Sedikh Diallo, écrivain & scénariste autodidacte. Tous droits réservés

23/09/2024
Excellente semaine à toutes et à tous.Merci pour votre fidélité.,
23/09/2024

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15/08/2024

Excellente Fête de l'Assomption à toutes et à tous.

06/08/2024

Célébrons ensemble le courage et la détermination qui ont bâti notre nation.

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