02/03/2017
Ma mère Valentina et moi-même avec qui nous avons lancé il y’a 7 ANS et 5 MOIS le VODKA BAR (RESTORUSS) remercions de tout cœur tous nos Proches, tous nos Amis, Clients ainsi que toutes les Personnes inconnues qui par des messages et des appels téléphoniques ont manifesté leur soutien et leurs encouragements suite au terrible scénario que nous avons vécu le vendredi 24 février 2017 en plein cœur de Zone 4, à Abidjan. Un merci plein d’amour à mon fiancé Antonello pour son indéfectible soutien moral et un grand merci à une personne extraordinaire qui depuis 5 ans se bat légalement à nos côtés pour défendre nos droits auprès de la Justice Ivoirienne. Pour éviter les bruits de couloir et pour répondre à vos interrogations, nous vous expliquons ce qui est arrivé au Vodka Bar. Vendredi dernier à 14h30, je reçois un appel téléphonique d’un commerçant qui m’avertit qu’une quinzaine de personnes s’introduit dans notre établissement et s’apprête à expulser nos effets de notre local. Prise de court, malgré le choc d’une aussi terrible nouvelle, je rassemble mon courage pour traverser la ville et rejoindre notre établissement avec ma mère. 15h40, je suis témoin d’une horrible scène, nos meubles, le matériel, nos effets témoins de plus de 7 ans d’histoire du Vodka Bar et nos stocks sont entrain d’être évacués sur le trottoir sableux, posés à même le sol par une douzaine d’inconnus, en présence d’un Huissier agité, nerveux et sous le contrôle d’une dizaine d’agents de force de l’ordre armés. Personnellement je suis anesthésiée, ma mère déconfite. Pas le temps de prendre en compte ce qui se brise à l’instant en moi. Tout s’enchaîne si vite… Je ne suis pas en mesure de contrôler tout ce que ces inconnus déplacent. Il faut passer plusieurs coups de fil et faire venir en urgence un électricien, un plombier, un installateur de climatisation, celui du système de vidéo surveillance, des transporteurs…. Il y’a quelques casses, les affaires sont évacuées à la va-vite. Nos effets étaient-ils à l’abri d’actes de vol ? Je ne saurai le dire tellement il y’avait du monde qui évoluait dans toutes les différentes pièces et dans tous les sens. A 18h00 les portes sont cadenassées, l’Huissier fait la sourde oreille malgré notre demande de temps supplémentaire pour récupérer l’intégralité de nos effets. Aucune humanité dans cette scène. Nous avons du matériel qui n’a pu être démonté et qui est resté à l’intérieur. Remontons le temps… Il y’a 5 ans, Salim A.R. rachète (sans qu’une offre d’achat ne nous soit en priorité proposée), le terrain sur lequel se trouve notre fonds de commerce, le Vodka Bar. Il s’empresse d’essayer de nous expulser car il a l’intention de raser nos locaux pour construire un immeuble de 6 étages dont le rez-de-chaussée sera constitué de plusieurs boutiques. Salim A.R fait semblant d’ignorer qu’il doit nous verser une indemnité d’éviction avant que nous libérions les locaux (Référence au Traité Ohada). Il tente le tout pour le tout pour ne rien nous payer. Il fait appel à six avocats qui se succèdent les uns après les autres pour nous expulser. Notre cas est finalement traité par le Tribunal du Commerce qui nomme un expert judiciaire. Ce dernier rend après plusieurs semaines d’études son expertise sur la valeur de l’indemnité d’éviction (une somme calculée avec des éléments objectifs). Salim A.R conteste la somme, fait appel à la Cour d’Appel. Une partie de notre dossier se perd curieusement à la Cour d’Appel sans que cette perte soit justifiée par qui que se soit. Un an d’attente, d’audiences épuisantes, pour aboutir à un jugement de la Cour d’Appel rendu en faveur de Salim A.R. La Cour d’Appel rabat le montant de l’indemnité d’éviction évaluée par le Tribunal du Commerce et décide que Salim A.R. doit nous verser finalement que 15 millions de francs CFA. La décision du Tribunal stipule que nous sommes en droit d’occuper les locaux tant que nous n’avons pas perçu l’indemnité d’éviction. Avec ce lot de consolation sorti d’un chapeau magique sans aucun détail sur comment ce montant de 15 millions a été calculé que peut-on faire ? Il est prétendu que nous sommes en mesure de transférer notre fonds de commerce dans un quartier équivalent (Zone 4, réputée pour être la zone principale de sorties, des restaurants, bars), de trouver des locaux de plus de 250 m2 dans une rue principale passante (comme celle de Paul Langevin), avec la même qualité de finitions intérieures, avec une terrasse extérieure verte. Les fonds de commerce en Zone 4 se cèdent à plus d’une centaine de millions, mais on nous propose une somme plus de dix fois inférieure pour rouvrir notre établissement ailleurs. Nous avons fait un pourvoi en cassation pour annuler l’expulsion et contester la décision rendue par la Cour d’Appel. Nous avons obtenu cette suspension de la Cour Suprême, avons une audience prochainement. Salim A.R s’est alors empressé vendredi dernier (se positionnant au-dessus des lois adoptées par les Tribunaux en Côte d’Ivoire) de nous expulser, de nous humilier, d’entacher notre réputation auprès de certains clients, de nous traumatiser après toutes ses années d’acharnement dans les tribunaux (j’ai assisté à au moins une trentaine d’audiences longues) et finalement de raser nos locaux, réduire à néant notre établissement chéri pour construire son immeuble de la honte. Jeune maman d’une petite fille de 2 mois, je ne peux pas me résoudre à accepter qu’on compromette son avenir, qu’on piétine toutes ces années de travail, de belles anecdotes partagées avec tant de clients alors que nous sommes dans nos droits. Oui à 33 ans, beaucoup de beaux projets peuvent encore être réalisés mais avec quels moyens économiques? Ma mère à l’âge de la retraite (qui sera ridiculement basse) ne mérite t’elle pas une vie plus sereine ? Et la plus grande interrogation est la suivante : si les individus aux mauvaises intentions ne respectent plus les lois en Côte d’Ivoire et plongent les opérateurs économiques dans le Far West, les piétinent pour arriver à leurs fins, peut-on encore trouver le courage d’investir dans le pays ?