08/06/2026
Pourquoi le Covid n’est pas encore derrière nous
Nous allons vous raconter pourquoi, six ans après le début de la pandémie, le Covid n’est toujours pas un souvenir lointain pour le Black Lodge.
Le Black Lodge a ouvert ses portes le 10 décembre 2020. Pourtant, le projet était né bien avant. Entre les travaux, les autorisations, les mises à l’enquête et les préparatifs, plusieurs années de travail avaient déjà été investies avant l’ouverture.
Lorsque le Covid est apparu, nous avons choisi d’attendre. Nous espérions que la situation se stabilise avant de lancer l’établissement. À la fin de l’année 2020, les restaurants ont finalement été autorisés à rouvrir après plusieurs mois de fermeture. Le Black Lodge était prêt.
Nous avons investi toutes nos économies dans cette ouverture : travaux, marchandises, salaires, assurances, loyers, contrats fournisseurs. Nous croyions profondément en ce projet.
Dix jours plus t**d, le Black Lodge était contraint de fermer.
Il venait à peine de naître.
Pendant cinq mois, les restaurants sont restés fermés. Les charges, elles, continuaient à tomber : loyers, assurances, électricité, frais administratifs, marchandises perdues. Nous avons sollicité les aides disponibles, mais notre établissement était trop récent pour entrer dans certains dispositifs. Nous avons donc traversé cette période quasiment seuls.
Lorsque nous avons enfin pu rouvrir en 2021, seules les terrasses étaient autorisées à fonctionner. Le problème était simple : le Black Lodge n’avait pas de terrasse.
Pendant tout un été, nous avons regardé passer la saison sans pouvoir réellement travailler. Peu de clients, peu de visibilité, et un établissement qui n’avait jamais eu le temps de se faire connaître.
À l’automne, les salles ont rouvert, mais sous le régime du passe Covid. Pour un établissement qui démarrait de zéro, il était extrêmement difficile de créer une clientèle dans ces conditions.
Ce n’est qu’en février 2022, avec la fin des restrictions, que nous avons enfin pu commencer à développer le lieu comme nous l’avions imaginé. Nous avons créé la terrasse, organisé des événements, développé notre programmation et commencé à construire une clientèle fidèle.
Mais pendant ce temps, le déficit accumulé depuis l’ouverture était déjà là.
Depuis 2020, Bastien et moi n’avons pratiquement jamais été rémunérés pour le travail fourni au Black Lodge. Nous avons consacré des milliers d’heures à faire vivre cet établissement parce que nous croyions à son potentiel.
Petit à petit, les résultats ont commencé à suivre. Chaque année, le chiffre d’affaires a progressé. Chaque année, davantage de personnes ont franchi nos portes. Nous avons prouvé que le Black Lodge avait sa place à Yverdon.
Nous avons également démontré notre viabilité auprès de la justice, qui nous a accordé le temps nécessaire pour nous réorganiser.
Mais être viable aujourd’hui ne suffit pas toujours à effacer les blessures d’hier.
Depuis la pandémie, tout a augmenté : les matières premières, l’électricité, les assurances, les loyers, les taxes, les frais bancaires liés aux paiements par carte. À titre d’exemple, les commissions sur les paiements électroniques représentent aujourd’hui plusieurs milliers de francs par année, alors que la quasi-totalité des transactions se fait désormais par carte ou téléphone.
Dans le même temps, les habitudes de consommation ont changé. Toute la branche de l’hôtellerie-restauration le constate : les clients sortent différemment, voyagent davantage, répartissent leurs dépenses autrement. Beaucoup d’établissements peinent encore à retrouver l’équilibre qu’ils connaissaient avant la pandémie.
Malgré tout cela, le Black Lodge est toujours là.
Sans crédit Covid.
Sans aides majeures.
Grâce à notre travail, à nos employés, à nos fournisseurs, à notre clientèle et à toutes les personnes qui ont continué à croire en nous.
Aujourd’hui, notre problème n’est plus de faire fonctionner le Black Lodge. Nous savons le faire.
Notre problème est de continuer à payer les conséquences d’une période exceptionnelle tout en assumant les charges d’aujourd’hui.
C’est pour cette raison que nous lançons ce crowdfunding.
L’objectif n’est pas de financer de nouveaux projets extravagants. L’objectif est de tourner définitivement la page de cette période qui nous empêche encore d’avancer.
Nous voulons retrouver la liberté d’investir dans le lieu, d’organiser davantage de concerts, d’améliorer la terrasse, de développer des animations et de continuer à faire vivre cet espace qui compte pour nous et pour beaucoup d’entre vous.
Si ce lieu vous a déjà apporté un bon moment, un concert, une rencontre, un repas ou simplement un verre partagé entre amis, alors votre soutien peut faire la différence.
Participer au crowdfunding est une aide précieuse. Continuer à fréquenter le Black Lodge l’est tout autant. Un café, une bière, un repas, une présence lors d’un concert : ce sont ces gestes simples qui permettent aux lieux indépendants de continuer à exister.
Si nous atteignons notre objectif, les fonds serviront à sécuriser durablement l’avenir du Black Lodge et à solder ce qui reste de cette période difficile.
Nous tenons à être transparents : si nous estimions qu’il n’existe plus de perspective réaliste pour l’avenir du projet, nous ne demanderions pas votre soutien.
Merci à toutes les personnes qui ont déjà participé.
Merci à celles qui nous soutiennent depuis le premier jour.
Merci à nos employés, à nos fournisseurs, à nos proches, à nos clients et aux autorités qui nous ont accordé leur confiance.
Et nous espérons bientôt pouvoir célébrer tout cela avec vous, autour d’un concert, d’une fête ou d’une soirée qui ressemblera au Black Lodge : simple, vivante, sincère et remplie des gens qui lui ont permis d’exister.