Wallonie Gourmande

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Divino Gusto, Nivelles, Février 2026C’est un charmant petit restaurant situé sur une petite place, un square, à l’Est du...
24/02/2026

Divino Gusto, Nivelles, Février 2026

C’est un charmant petit restaurant situé sur une petite place, un square, à l’Est du centre de Nivelles, dans le quartier surnommé “Faubourg de Bruxelles”, pas loin du palais de justice de Nivelles

Son patron est Gaëtan Poels, au départ un sommelier, devenu entrepreneur de restauration en ouvrant Divino Gusto il y a quinze ans et ensuite en reprenant le bar-à-vins “Maurice Le Limonadier” pour le transformer en son second restaurant.

Le vin est donc important ici, le patron est en salle, bouteilles en mains, et propose de belles sélections de vins entre classiques et biodynamie, sur base d’une gamme de plus de 100 références en cave et à la carte. Côté cuisine, c’est le chef Marc Grislain qui officie, un ancien de Bozar, et qui définit sa cuisine comme gastronomique et “méditerranéenne” : nickel !

Ce côté « marin » s’exprime aussi dans le décor, des fenêtres rondes en forme de hublots, des couleurs entre bleu vert et anthracite. Éclairages soft et élégants. Fauteuils en tissus gris clair.

Quelques années depuis notre dernière visite en 2017, il était donc temps de venir voir où en est cette jolie maison gourmande.

Un beau choix d’apéros, champagne, gins belges, cocktails, proposés par le boss. Le negroni était parfait et le service du gin tonic très pro : le gin seul avec les glaçons dans un verre large, permettant d’en humer les arômes avant d’ajouter soi-même le tonic en fonction de ton envie de dilution. Et aucun sachet de poivre et conneries séchées ! On n’est plus en 2010 !
En mise en bouches on nous apporte trois jolies pièces, une réinterprétation maison de la tarte aux Maroilles, un cube de mousse de canard et une version moderne de la tartine de fromage blanc aux herbes avec daikon. Les trois étaient bonnes mais le macaron au Maroilles en hommage aux origines semi-chtis du Chef était divin (& gustin!).

Voici qu’arrive la carte. Les menus se déclinent de 3 à 5 services plus un lunch 2 services le midi. Ces menus sont basés sur deux entrées et un plat qui ne sont pas à la carte et changent selon le marché. Dans la carte à côté, quatre entrée, quatre plats et quatre desserts aux énoncés fort appétissants.

On démarre avec tartare de veau avec gelée de dashi, câpres, champignons et sauce crémeuse de vinaigrette à l’oseille. C’était vraiment fort bon, au niveau des mélanges de saveurs, pas loin d’un Vitello Tonato, mais avec le veau coupé large pour laisser de la mâche. Le veau était déjà succulent si on le goûtait seul sans aucun des autres éléments. Une toute belle entrée pleine de peps. L’accompagnement de la cuvée Les Éolides des Vins de Liège fonctionnait superbement.

On continue avec le Lapin farci à l’Anguille fumée, carotte tigrée à la noix, et sauce « plum » faite de vingt ingrédients différents. Le lapin est présenté en tronçon cylindrique, l’anguille « plantée » au milieu, la chair est très belle, rose pale, et très savoureuse. La dualité terre & mer est très réussie. La carotte était parfaite, un gel de prune fermented et apportait un côté salé et doux à la fois, et la sauce une vraie tuerie. Assiette époustouflante de succulence !!
L’accord vin avec un vin orange de Zibibbo (nom italien du Muscat d’Alexandrie) était malin et parfait !

Du bon pain et un beurre de ferme travaillé, et sel et poivre à table.

Le restaurant est ouvert du lundi au vendredi midi et soir, fermé le week end et les jours fériés. Ne cherchez pas trop d’infos sur les réseaux sociaux (le dernier post date du 8 janvier et le précédent de novembre), les cartes et menus sont listés sur le site web qui est fort complet et pratique.

On reprend le menu avec le Skrei, ce jeune cabillaud des eaux nordiques, servi sur un beurre blanc « à manger » avec des œufs de saumon. Le poisson était splendide, nacré comme il se doit, se désirant en de belles écailles en température juste chaude sans excès et encore juteuses. Le poisson seul était déjà délicieux. Combiné ensuite au splendide beurre blanc puissant et très savoureux, c’était magnifique. Assiette copieuse aussi, tout comme ce qui précédait. Superbe niveau.

Foie gras avec seiche et chou rouge. Une assiette de haute couture ! Foie gras poêlé, cuisson très légère, cœur encore cru mais chaud, seiche infusée au jus de chou rouge, sa texture splendide, le tout accompagné d’une gastrique de chou rouge très acidulée et huile aromatique. Servi à part, un kroepoek au chou rouge avec crème de foie gras. C’était splendide. En fait c’était ahurissant. Quel niveau !!

Le parking est aisé des deux côtés du square. En été, une petite terrasse entourée de verdure s’ouvre à l’arrière.

On passe aux plats.

Ris de veau de Corrèze à la levure et Savagnin. Sur un lit d’oignons des Cévennes, un ris de veau superbement saisi, encore finement rosé, en croûte de levure et laqué au savagnin, entouré d’une émulsion mousseuse au savagnin, donnant des arômes de noix et de pommes mélangés. Les oignons étaient merveilleux, le ris aussi. Une totale réussite.

Enfin face à moi, Joe a choisi la volaille, du poulet noir de Bourgogne, contisé* de truffe noire, avec marbré de pommes de terre, topinambour et truffe en croustillant de pâte philo, mousseline chou fleur travaillée à la truffe, salsifis glacés dans leur propre sève avec brisures de noisettes du Piémont, mousseline rôtie de butternut et disques de Champignons de Paris avec poudre de cèpes, gel de champignons et sauce Périgourdine. C’était un plat splendide, extrêmement complexe, représentant une masse de travail fabuleuse, beaucoup de maestria, et de niveau parfaitement étoilable.

Tous les vins servis furent excellents. Très beau travail sur les accords.

Comté 24 mois en crème, avec fleurs de fenouil de gomasio, chou fleur pourpre, champignons confits, le tout présenté en sorte cercle garni de tous ces éléments colorés. Le fromage restait totalement identifiable !

Enfin en dessert, une version revisitée de la dame blanche « qui n’est pas une dame blanche ». Crème glacée au kinako, caramel au beurre salé, vanille de Madagascar, chocolat valronha, et à part espuma à la vanille et tuile de cacao. C’était très bon et malgré les textures et techniques différentes, les codes de la dame blanche convergeaient en bouche.

Quelle chouette endroit ! On voit qu’il y a de la passion dans les paroles et dans les gestes. Le duo entre Gaëtan et son chef Marc Grislain fonctionne à merveille ! En plus, les prix sont parfaitement cohérents et les vins aussi. Que demander de plus ? Mais foncez donc !!

_________

(*) : Contiser est une technique culinaire qui consiste à inciser la chair de volailles, de gibiers ou de poissons pour y insérer des éléments aromatiques (herbes, ail, truffes) ou décoratifs (lames de truffe, charcuterie) afin de parfumer et embellir le plat avant cuisson. Elle permet d'infuser les saveurs directement dans la chair.

L’inattendu, Ath, Février 2026Nous voici de retour dans la cité des géants, pour notre troisième première visite dans ce...
15/02/2026

L’inattendu, Ath, Février 2026

Nous voici de retour dans la cité des géants, pour notre troisième première visite dans ce joli restaurant créé fin 2020 par Benjamin et Amélie, un duo dans la vie et au resto !

Cela fait un an que nous l’avons découvert pour la première fois.

Le restaurant est installé dans une superbe maison située dans une petite rue pavée étroite et discrète. L’entrée est très impressionnante, un long couloir silencieux décoré de plantes conduisant le client à travers le hall de ce petit hôtel implanté dans plusieurs maisons anciennes désormais siamoises. C’est dans ce très beau bâtiment aux plafonds hauts, et aux grandes portes de bois très esthétiques s’ouvrant sur le hall qu’on accède au restaurant.

Une fois passée cette porte, un sentiment de calme et d’élégance vous emplit. Un comptoir d’accueil en guise de premier contact de bienvenue et on pénètre dans la salle, superbe, spacieuse, déco un peu monacale, murs blanc et brun, parquet naturel magnifique, lustres « bulles » et une grande bibliothèque en L au contenu très hétéroclite, sculptures, livres, verres... Fauteuils en cuir retourné couleur lie de vin, et deux belles banquettes grises en coin. Très confortable, aéré, classe. On s’y sent immédiatement bien.

Les mises en bouche arrivent. Deux pièces puis deux autres. Toutes sous forme de bouchées ou petites tartelettes à gober en une fois, dont la mise en bouche « signature » du chef, la praline au boudin noir. Tout était plein de goût et fort bon.

La patronne Amélie Sakowskis (qui est également chef sommelière, nommée régulièrement parmi les meilleures de la province) nous présente les cartes, avec deux menus, l’un végétal, l’autre pas, tous les deux déclinables en 4, 5 ou 6 services. Tous les énoncés font énormément envie, et on peut aussi les commander à la carte. On a opté pour la totale !

Le menu démarre !

Soupe à l'oignon en chaud et froid !! Quelle bonne idée en cette saison 👍🏼
Un petit bol contenant une mousse de Gruyère AOP sur lequel on vient verser un consommé d’oignons froid. Ensuite un Feuilleté torsadé garni de confiture d’oignons, crèmes, oignons confits, pétales etc, à croquer tout du long. Enfin la grande assiette avec un croûton de pain noir, quelques points de crèmes et confiture d’oignons et ensuite une vraie soupe à l’oignon chaude qu’on vient verser autour. On commence par le froid afin de laisser le temps à la soupe d’imbiber le croûton de pain dans l’assiette principale.
L’ensemble était fort réussi, peut-être qu’on aurait pu oser plus de poivre sur la partie chaude qui était la plus gourmande des trois étapes. Mais globalement, c’était super bon.

Saint-Jacques en 2 actes : une partie froide dans la coquille, tartare de St-Jacques coupée épaisse, avec chicons confits froids et une mousse façon « chicon au gratin » par-dessus. C’était bon mais la mousse brune dominait un peu la St-Jacques. Au contraire, dans la préparation chaude, la St-Jacques, dont la cuisson était parfaite, dominait l’assiette et était très harmonieusement accompagnée de Chicon, Clémentine et d’un jus épais du Corail, très gourmand.

Toute l’équipe de salle est splendidement habillée de costumes de tissu beige ressemblant à du lin, juste magnifiques. Le service est précis, attentif, souriant, très pro. Le niveau est fort élevé.

On reprend le menu avec un Gyoza d'Anguille fumé & Foie gras poêlé, accompagné de consommé de Boeuf au Kombu et de champignons Eryngii. Les différents éléments étaient fort bons, dont une poudre glacée de foie gras que j’ai eu la bonne idée de goûter avant que le reste ne tombe dans le consommé de bœuf fort puissant qui dominait l’assiette. Mais comme parfois dans le sexe, cette dominance était bien agréable !

Pressé de Ris de Veau condimenté ensuite, avec crème de Salsifis, jus de Pourpier, réduction de viande et Vinaigre au beurre. Le ris de veau était succulent, compressé en un joli rectangle, les trois sauces fort gourmandes. C’était aussi bien chaud, ce qui était fort plaisant.

La carte des vins est fort belle, très complète dans un style assez classique et bien remplie de jolis choix à des prix cohérents. Une sélection de vins est proposée par Amélie, et tout ce que l’on m’a servi était bon ainsi que les boissons sans alcool, qui étaient fort cohérentes en accord aussi.

On termine par le Filet d'Agneau aux épices des trappeurs, cuisson saignante impeccable et viande fort savoureuse. Les épices la relevaient fort élégamment. Avec cela, « Texture de choux », Mille-feuille de pomme de terre au lard et Sauce Bourguignonne. Plusieurs variétés de choux donc, vert, blanc, kale, de bruxelles, etc, en textures et cuissons diverses : en cercles croquants, en mousse, en crème, en tempura croustillant même. Quel travail !!
Une assiette superbe et très complexe, pour terminer ce repas fort réussi d’un bout à l’autre.

On nous proposa du fromage, mais nous déclinâmes, totalement calés par les deux plats. Le service fromage que j’ai vu se dérouler à la table d’à côté est vraiment top, avec propositions de divers accompagnements, fruits secs, marmelades etc.

Enfin donc, Riz au lait de Topinambours avec Confiture de lait, Noisette et Citron. Le topinambour est donc concassé en petits morceaux de la taille d’un grain d’orge et travaillé en cuisson comme un riz au lait. A mi-cuisson, 30% de riz est ajouté, et la cuisson de finit ensemble. Différentes crèmes tièdes et glacées aussi sont ajoutés, et finalement l’ensemble est recouvert d’une carapace de chips de topinambours croquants.
C’est un super dessert, pastel, frais, intéressant et succulent.

Un petit café et trois mignardises plus t**d, nous avons pris congé et remercie Amélie et Benjamin pour leur accueil et ce super repas.

L’Inattendu est vraiment une fort belle maison. Bravo à ce jeune couple et leur équipe pour ce beau travail et aussi leur sens de l’accueil formidable.

———

NB : Attention à l’arrivée, on peut facilement en rater l’entrée, juste signalée par de discrètes plaques autour de la belle porte cochère.
L’accès est nickel pour les PMR.
Pas de parking possible sur la rue même, mais on peut se faire déposer et un petit terrain situé plus loin à gauche fait office de parking non-officiel, s’il n’est pas plein. Aussi, un parking payant souterrain est situé vraiment tout près.

CcNomie, Flamignoul (Dinant), Février 2026 Recommandé par divers clients gastronomes de Saka 20, nous avons  décidé de f...
10/02/2026

CcNomie, Flamignoul (Dinant), Février 2026

Recommandé par divers clients gastronomes de Saka 20, nous avons décidé de faire 1h10 de routes en partie sinueuses pour aller goûter la cuisine de David Coisman dans son bel établissement de Flamignoul. C’est en bordure du village, jolie façade de vieilles pierre, un petit parterre avec une statue de cerf élégamment éclairée. 🦌

Quatre choix de cocktails “maison” en apéro dont un gin maison et une bulle rosée de Loire. En mise en bouche, une charmante vichyssoise de légumes ornée d’une chantilly salée, d’une feuille de shiso et au fond nous découvrons quelques lamelles de saumon fumé. Sympathique !

La carte propose un menu à décliner en 3 ou 4 services ainsi que la carte où s’ajoutent quelques pièces de viande pour les carnivores locaux ou de passage.

On démarre avec le Lard confit et déclinaison autour de l'oignon. Un beau tronçon de lard bien rouge au goût délicieusement fumé, des petits oignons cuits, oignons rouges pickelisés, des lamelles d’oignons confits, des pousses de pois, et le chef vient verser par-dessus une soupe à l’oignon clarifiée.
L’ensemble était clairement plus une ode à l’oignon qu’au lard ; mais on est dans le Suuuuud donc on ne commence pas l’énoncé d’un plat par “déclinaison autour de l’oignon” sinon les villageois vont arriver avec des fourches et des torches ! Haha. Plaisanterie mise à part c’était hyper gourmand, très réussi et n’aurait pu être amélioré qu’avec une touche de piment ou de poivres bien choisis et dosés. Super bon !!!

Ensuite l’œuf poché de la "Cocotte à Isa", crémeux de topinambour, coppa de chez "Dierendonck (dont la carte mentionne que c’est une “célèbre” maison). C’était aussi beau que bon. La coppa étant assez salée, le chef a jugé qu’il ne fallait pas trop assaisonner l’œuf. C’est logique mais à mon goût, il aurait fallu un peu de sel et poivre quand même sur l’embryon de poulet. Je les ai ajoutés car fleur de sel et un joli moulin sont à table. Quelques pousses de pois et chips croquants complétaient cette entrée fort gourmande.

Cadre assez hétéroclite (un mot fort prisé par Rocco S.) avec en partie des voussettes de briques apparentes et un plafond blanc, des murs bruns, une su***de ouverte avec pass en salle, des chaises en cuir brun et quelques tables hautes avec tabourets cossus. La lumière est chaude et l’ambiance musicale rythmée mais discrète.

On reprend avec le tartare de maigre, mangue et pomme granny gel de yuzu. L’ensemble était contenu dans une sorte de “bac” rectangulaire en biscuit assez ferme, présenté sur une jolie assiette toute en longueur. A part, deux petits points de sauces, des pousses de pois (3eme fois depuis le début) et oignons rouges pickelisés (2). Le gel de yuzu prenait énormément de place en bouche et le biscuit était très épais, et gustativement sans grand intérêt. Je dois avouer que le tartare était un peu perdu dans tout cela. Pas mon entrée préférée.

Ensuite on a goûté l’entrée “en plus” eu menu, la noix de Ris de Veau au Noilly-Prat et crevettes grises avec poêlée d’épinards. Cela constitue l’entrée “signature" (terre et mer) du chef. Le Ris de Veau était en petites pépites, cuisson nickel mais manque d’assaisonnement (sel et poivre) ; comme sur l’entrée à la coppa, le chef aura jugé que les crevettes grises apportaient assez de sel. J’ai rectifié ; question de goût direz-vous, mais il faut que le produit principal du plat “pête” en tête dans l’assiette.

Service sympathique par deux serveuses et un maître d’hôtel et sommelier fort efficace et amical. La carte des vins est fort bien fournie avec deux pages consacrés aux meilleurs vignerons “modernes” du Rhône Nord, Mathieu Barret et David Reynaud !!

On passe aux plats. La Pluma étant manquante, on a choisi de goûter la bouillabaisse sur base de la “pêche du moment” qui ce jour s’avéra être un trio de bar, de lieu et l’incontournable rascasse (pas Capac), plus moules, crevettes, gambas et perles de pommes de terre Charlotte et un jus fantastique !! Les gambas était fort cuits mais bons, finalement dans un plat comme ça, on n’a pas trop besoin de résistance à la dent et amener le crustacé à la tendresse du poisson était peut-être un choix éclairé. Les poissons d’ailleurs, étaient tous bons, et l’ensemble fort savoureux, vu que j’avais versé tout le jus dedans !! WoW ! Une tuerie.

Le filet de volaille jaune, enfin, cuisson moelleuse très réussie, chair savoureuse, avec jus de poulet au poivre Sichuan et Xérès super bon. En plus, une version rectangulaire et très esthétique du chou farci et mousseline de brocolis, avec pomme dauphine (dont on regretta qu’elle fut au singulier). C’était fort bon mais moins explosif que la bouillabaisse, mais c’est notre faute : on n’est pas censé goûter les deux ensemble. Bravo donc.

Quel beau menu, équilibré, globalement réussi et comme l’affiche la maison, pile poil sur le niveau bistronomique. Chaque plat oscillait entre 12 et 14/20, parfois 14,5. On a fort bien mangé et à un prix très abordable.

En pré-dessert, un petit cornet avec une mini boule de sorbet aux fruits du verger.

Ensuite, nous avons goûté la Pavlova, cuberdon, cerises et chocolat. C’était pas mal mais on avait une impression de divers éléments juxtaposés sans une réelle idée d’ensemble. Manque de cohérence mais chaque élément était bon et l’assiette fort copieuse.

En face de moi, la tartelette au thé Matcha, gingembre et noisette, sorbet litchee. Ici on avant un quorum plus équilibré, de la finesse et des textures diverses et divertissantes.

C’était un chouette dîner. Une bonne maison pour un repas sympa entre amis ou en famille, si vous êtes, ou passez dans le coin.

Quelques mots de sagesse culinaire venant des Magneus de Pelotes !
02/02/2026

Quelques mots de sagesse culinaire venant des Magneus de Pelotes !

Le 1908, Mont-sur-Marchienne, Janvier 2026 C’est l’événement de la rentrée à Charleroi, le déménagement du restaurant do...
10/01/2026

Le 1908, Mont-sur-Marchienne, Janvier 2026

C’est l’événement de la rentrée à Charleroi, le déménagement du restaurant dont tout le monde parle depuis trois ans : le 1908 !

C’est en effet fin 2022 que Thomas Volan a ouvert à Monceau ce petit resto, avec Frédéric Delforge en cuisine, et rejoints ensuite par Loïc Gustin en salle. Depuis que je les ai découverts et les ai, humblement, « mis en orbite » ☺️, leur réputation n’a fait que monter, leur positionnement sur les réseaux explosé, leur clientèle multiplié, ils ont fait leur entrée dans les guides et il ne restait donc qu’à trouver un plus bel endroit pour contenir tout ce talent.

C’est donc chose faite. Fini l’emplacement perdu de Monceau, c’est maintenant dans les beaux quartiers de l’Avenue Paul Pastur que les trois associés vont continuer leur aventure.

Le bâtiment est très élégant, murs blancs et sols de grandes dalles de granite noir, belles chaises en cuir retourné et une longue banquette dans la salle arrière. Lumière dorée par de beaux lustres « boule » en verre fumé (ceci explique la dominante dorée et orange des photos, désolé, mais cela correspond aussi à ce que vos yeux verront).

Les tables sont en très beau bois flamboyant, plateaux épais, de belles serviettes en tissu, couverts étincelants posés sur une barrette en marbre, moulins poivre et sel, on monte clairement de deux crans !

On a goûté le nouveau menu qui sera servi tout le mois de janvier.

Trois entrées, trois plats, trois desserts, le tout combinable en menus de 3 services (42€) à 8 services (92€) avec évidemment une évolution de la taille des portions.

Il y a trois ans, j’avais dû expliquer à Thomas la recette du Negroni (oui, c’est fou ce que je suis chiant - he’s very demanding) ; en peu de temps, c’est devenu le must des apéros chez eux. C’est donc pour accompagner mon rouge verre, que de belles mises en bouche arrivent : espuma crémeux de champignons avec croustillant de parmesan et pickes de champignon japonais , cake de sardines et miso sauce tonato et vert jus, et une magnifique croquette de chevreuil dans un petit jus corsé miel-gingembre. Miam x3 !

On démarre le menu.

FAISAN, PANAIS, JUS AU POIVRE DE SICHUAN. Quelle assiette ! D’abord pour une entrée, c’est vraiment généreux. Un beau suprême à la chair bien rosée (très bon point, le faisan si c’est trop cuit, ça sèche). Le jus au poivre (avec baies entières) était un délice et le panais, ce légume racine merveilleux, était travaillé en deux textures, tronçons croquants et mousseline très fine. Super début de repas !

SAINT-JACQUES, TOPINAMBOUR, PAMPLEMOUSSE, CROUSTILLANT DE COPPA. Produit en pleine saison, une noix juste saisie, délicieuse, et un carpaccio de coupe large, ici aussi une portion généreuse pour une première entrée. Petits morceaux de pamplemousse rose tranché à vif, et le topinambour en purée épaisse, évidemment délicieux. Ce légume est à la base la racine d’une expect de tournesol italien qui contient un élément imitent le goût sucré en bouche (mais sans sucre réel). C’est pour ça que c’est délicieux même si la couleur gris-vert n’est pas la plus chatoyante à l’œil. Le chips de coppa apportait un peu d’excitation supplémentaire (si besoin) à cette déjà fort belle assiette.

La carte des vins est de plus en plus complète, avec de beaux choix en bio et nature. Une sélection de vins au verre est aussi proposée par Loïc. Elle est qualitative et les accords de bonne facture sur les différents plats.

On continue avec un de mes produits préférés. LANGOUSTINE, BEURRE BLANC, CÉLERI, POMME. La langoustine est de loin le plus fin des crustacés. Sa chair fine est sucrée crue, nacrée et fondante une fois cuite. C’est un produit de plus en plus rare et c’est un bonheur de le voir sur nos assiettes. Et ce plaisir visuel fut évidemment sublimé en bouche : chair fondante, goût merveilleux, assaisonnement parfait, beurre blanc délicieux, céleri croquant et épicé, pomme amenant acidité et sucre. Superbe assiette, et la première fois que je me suis dit chez eux « ça vaudrait une étoile ». 👏🏼👏🏼

En passant, pointons l’excellent service de Loïc Gustin. Très élancé, le pas rapide, le geste précis, il a démarré serveur mais est à présent un vrai maître d’hôtel, chef de salle et sommelier à la fois. Son regard est aguerri, il remarque ce qui manque à table, verra le verre vide, le couvert qui manque, la serviette tombée, et fera ce qu’il faut.

Quel beau poisson noble que la Sole. Et quelle belle assiette arrive ! SOLE, BROCOLI EN DEUX PRÉPARATIONS, PRESSÉ DE PDT, SAUCE AUX ALGUES. Les solettes sont roulées et accompagnées d’une purée de broccoli très gourmande, une sauce aux algues iodée et délicieuse, petit carré de gâteau de pommes de terre (trop petit et un peu sec) et du brocoli encore un peu croquant. C’était une bonne assiette mais la sole était un peu trop cuite. On perdait un peu la noblesse du poisson mais s’ils ont reçu des petites solettes plutôt que les soles commandées, ce n’est pas de leur faute. C’était néanmoins globalement fort bon.

On passe aux viandes.

VOLAILLE JAUNE, DÉCLINAISONS DE CHOUX, CRÈME DE FOIE GRAS. Superbe suprême de poule gourmande et juteuse. Très belle cuisson, et sauce au foie gras orgasmique et merveilleuse. Les choux en diverses couleurs et textures, plus en satellite une sorte de rouleau de printemps de chou blanc croquant avec mayonnaise épicée. Excellent.

MAGRET DE CANARD, RAISINS SECS, BUTTERNUT, JUS AU RAIFORT. Meilleur magret que j’aie mangé depuis longtemps. Chair saignante, peau croustillante, un délice. Juste un petit manque de sel mais les Moulins sont à table.
La sauce était fantastique (on en aurait voulu plus d’ailleurs mais pas de saucier à table), le raifort pas exagéré, butternut en beaux morceaux encore un peu croquants, les raisins apportent un peu de sucre et de gourmandise. Un superbe plat.

Nous n’avions plus assez faim pour l’assiette de fromages de l’excellente fromagerie Petit Jean, on a donc commandé la superbe Dame Blanche, et partagé le dessert du menu.

CAROTTES, NOISETTE était la proposition de la carte. C’était pas juste bon, c’était passionnant. Carotte pourpre confite, glace noisettes, biscuit, noisettes concassées, coulis caramel de carottes juste comme il faut. Finesse, contrôle du sucre, tout y était.

La dame blanche, quand elle est exécutée dans les règles de l’art, est un grand dessert. Il faut une CRÈME
Glacée vanille (et non pas une glace, et à la vraie vanille), soit une texture précise, une crème fouettée (donc encore coulante et peu sucrée), et un chocolat noir amer fondu. Le chocolat était plus clair que prévu mais ça restait très bon.

Quel beau repas. Comme je suis fier d’eux ! Tout était si bon, si bien réalisé, si réfléchi. C’est un fort bon restaurant. Et le meilleur rapport qualité/prix de toute la région de Charleroi.

J’ai vu l’évolution durant ces trois années de petits débutants vers de vrais professionnels. Ce déménagement marque un nouveau départ, non pas un chapitre mais un nouveau ouvre qui s’ouvre. Un univers étincelant s’ouvre pour ces trois garçons. Un grand bravo à eux.

There is a new Sheriff in town.
Avec Vilain, 1908 is the best of 6032.

——

Note : Petite note pour les personnes à mobilité réduite, il y a deux marches à l’entrée et la chaussée est un peu en pente. Par contre, contrairement à l’ancienne adresse, ici les toilettes sont au rez de chaussée.

Sophie et Nicolas, Comblain-la-Tour, Septembre 2025Beaucoup d’amis gastronomes m’en ont parlé en grand bien, et il était...
15/09/2025

Sophie et Nicolas, Comblain-la-Tour, Septembre 2025

Beaucoup d’amis gastronomes m’en ont parlé en grand bien, et il était temps que nous fassions un peu de route afin d’aller découvrir cette adresse en progression, et selon mes amis une vraie perle de la gastronomie wallonne !

Pierre Bachelet chantait « Au Nord, y’avait les corons » et en Wallonie, à l’Est, il y a le Condroz ! C’est là-bas que de situe le beau restaurant de Sophie Gigot et Nicolas Septon, dans la vallée de l'Ourthe, près de Hamoir, soit globalement entre Liège et Durbuy.

Ce restaurant, c’est une histoire de douze ans déjà, quatre années à Aywaille (5.0) et huit ans à Comblain.

Il a récemment été couronné d’une étoile verte, signe d'une cuisine locavore, très végétale et durable, en forte harmonie avec les saisons et son environnement naturel.

L’accueil est charmant, tout sourire de la part de Sophie qui est entourée en salle par une jeune fille toute aussi souriante et précise dans ses présentations. Leur service sera excellent du début à la fin.

Le cadre, rustique, sobre et chaleureux, de couleur bois de différentes nuances et béton greige, propage une atmosphère reposante, apaisante presque, un sentiment de satisfaction et de bonheur que nous retrouverons aussi dans l’assiette ! Une table géante taillée dans un tronc, trône à l’entrée de la salle du milieu. L’espace est morcelé par diverses petites salles pittoresques séparées de murs ou de petits niveaux.

Plusieurs menus sont proposés, le soir un choix entre 5 et 7 services, le nôtre fut donc vite fait ; envie de découvrir, de goûter, de ressentir l’esprit de la maison.

Quatre belles mises en bouche très travaillées démarrent ce superbe festival gustatif. Une carte postale annonçant la suite, du talent et de la précision déjà dans ces quatre bouchées. Le végétal règne, pour notre plus grand plaisir. Des couleurs, des saveurs, des textures. Magnifique.

En apéritif, un cocktail est proposé à base des éléments du menu actuel ou une réutilisation des déchets, pelures etc. Fort bon, peu sucré, mais un peu trop de volume dans le verre pour un apéro à mon sens. Également proposés, un pet’nat’ de Gamay et à la carte, e.a. Champagne, un sherry dry et des Madeire : bravo !!!

On démarre avec un plat intitulé « Ratatouille » : la tomate cerise laquée au caramel de tomate, sorbet au caviar d'aubergine, courgette aux herbes du jardin, compotée de poivron. Une épure somptueuse, couleurs orange et vert dominantes et annonçant déjà l’arrivée de l’automne. De l’acidité, du croquant, du peps, beaucoup de fraîcheur. Un grand plaisir.

Une sélection de vins, tous naturels ou « propres » est proposées, des vins choisis avec une extrême précision par rapport aux plats. La carte des vins propose de superbes choix a des prix très raisonnables. Une liste de bières extrêmement complète y est également incluse.

On reprendre le menu avec « Concombre », en chaud-froid : cru, rôti, mariné, Halloumont (sorte de halloumi d’une productrice locale), et jus de cornichons aigre-doux mousseux. WoW, la vache, c’est acide, mais quel beau wow ! Les sticks de concombre se combinaient, croquants, acidulés, et le halloumi grillé en petits bâtonnets comme des pommes Pont Neuf dorées, venait apporter sa douceur. Un festival de sensations hyper agréable.

Déjà à ce stade du repas on s’est dit en même temps : « C’est loin, mais Didjeu qu’on est contents !!! » 🤩👍🏼

Un excellent pain maison très croûté nous accompagne, lui même secondé par un beurre fumé et battu.

On continue par la Truite d’Ondenval cuite à la vapeur, tombée de blancs de poireaux, sabayon vert/gueuze, tartaretelette des parures, et mayo fumée. C’était une merveille totale. Cuisson ouatée, saveur divine, la sauce en sabayon verdure & gueuze était une tuerie thermonucléaire. J’ai du mal à mettre en mots le niveau de plaisir de cette assiette. Fabuleux.

L’aspect locavore est important pour le chef, et sur leur site web, on trouve une carte interactive de leurs producteurs, avec des liens vers ces derniers en fonction de leur localisation. A table aussi, de petits documents expliquent leur démarche et listent les producteurs préférés et/ou réguliers.

Surprise ! Le chef nous surprend avec une assiette supplémentaire ! Merci énormément Nicolas ! Et quelle surprise : c’était le Sparassis Crépu, ce champignon aussi rare que délicieux également appelé Morille des Pins, qui fut servi cuit, sous un voile transparent de leur lardo maison (!!) avec des petits gnocchis cylindriques à base de mie de pain (récupération de la chapelure des pains - « rassis pour sparassis » 🤣) et une sauce au fond de volaille, shiitake et kombucha de chicorée !! Nouveau WoW sur la créativité et surtout le goût explosif de ce plat. Beaucoup de mes amis mycophiles disent que le Sparassis Crépu est le meilleur de tous les champignons, et Sophie plussoie. Effectivement, ça se vérifiait ce soir. ☑️
En accord, elle nous sert un splendide rosé de spätburgunder de la région de Durrbach en Allemagne et aussi une eau aromatisée aux herbes et café. Superbes accords tous les deux.

Une sélection d’eaux aromatisées faites maison est donc également proposée. Personnellement j’aimerais une sélection sans alcool plus variée, incluant eaux mais aussi Kombuchas ou Kefirs, des cocktails d’éléments végétaux, etc, plutôt que « juste » des eaux aromatisées.

« Pastrami Végé » s’annonce ensuite : tranches de pastèque saumurée, fumée et rôtie, fenouil, sauce aux prunes fermentées, lactosérum. J’avais déjà mangé de la pastèque travaillée comme du thon rouge en sushi aux éleveurs à Halle et cuite en tagliata aussi, en Scandinavie. C’est une fort bonne idée de traiter ce fruit encombrant (et un peu chiant, avouons-le) comme une protéine. Ici le produit final était ahurissant, il avait la couleur d’un bœuf cru, la texture et l’odeur d’un jambon fumé d’Ardennes. Les prunes fermentées étaient une recette d’inspiration géorgienne, et le jus mousseux au lactosérum était merveilleux. Génial. Dans mon top trois du repas.

Agneau provenant d’une ferme locale enfin, pour clore la partie salée du repas, et en deux préparations. Le dos rôti, avec haricots beurre en fa**ts liés au lard maison et pickels d’échalotes au vinaigre de framboise, sur une purée de haricots verts à la menthe. Miam. Cuisson parfaite.
Et le gigot ensuite, lui amoureusement cuit en cocotte, avec tagète et mole, cette sauce mexicaine à base de grué de cacao, plus une embeurrée de haricots verts tranchés. Miam aussi !

En premier dessert, le Melon finement tranché, laqué à l'huile de pélargonium (géranium odorant), crémeux à la monarde (fleur au goût de bergamote), meringue au rau-ram (j’ai oublié ce que c’est donc on va inventer que c’est une fleur qui pousse dans le cul des eskimos mais à le goût du cucuberdon), et sorbet forsythia. Ma tantine Esther avait des forsythia dans son jardin, dont elle adorait ses splendides fleurs jaunes. Petite pensée pour elle. Ah oui le dessert ? Tout blanc, tout fin, délicieux.

Enfin le dernier acte était intitulé « Crottées » : c’est le nom de la meilleure variété de reines-claudes, en plusieurs préparations, feuilletée, glace au koji, pralin de sarrasin. Cette prune verte est ma préférée quand elle est bien mûre et en saison. C’était les cas !

En Mignardises une tartelette aux poires, un crémeux au myrtille, un beau cannelé et un chou à la crème adorable. On a fini par papoter et débriefer le repas avec le chef. Il est touchant dans son amour des produits et de son travail. Je lui ai dit de garder Sophie, elle est bien !!

Une toute toute belle adresse en Wallonie. Foncez y ! Après ils vont CORRR avoir des étoiles et ce sera plus cher ! Top top top 👍🏼

Adres

Rue De Fairon, 79
Comblain-la-Tour
4180

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